Le Maroc se positionne sur une nouvelle industrie créatrice de valeur : La Recherche Biomédicale

D’éminents chercheurs marocains en biomédical reconnus à l’international ont pris part à ce colloque. Ph. Kartouch

Vendredi 9 et samedi 10 février 2018

En présence du Chef de Gouvernement, Dr Saad Eddine El Othmani, LEMM (Les Entreprises du Médicament au Maroc) réunit l’ensemble des acteurs du secteur de la santé et de l’industrie pharmaceutique en organisant le premier Colloque National dédié à la Recherche Biomédicale au Maroc, intitulé « La Recherche Biomédicale, défi de la prochaine décennie ». Cette première au Maroc permettra de réunir durant deux journées d’éminents chercheurs dans la recherche biomédicale au Maroc et dans le monde, ainsi que plusieurs représentants du gouvernement marocain et l’ensemble des parties prenantes : académiques, associatives, économiques et diplomatiques.

A  travers  ce  Colloque,  le  Maroc  pourrait  parier  sur  une nouvelle industrie fortement prometteuse, et cette-fois ci, dans un secteur aussi bien matériel qu’immatériel : celui de la Recherche.

Sur le plan international, la sous-traitance des activités de R&D pharmaceutique représente la moitié du secteur, c’est-à-dire un marché estimé à plus de 80 Milliards de $, dont près de 54 Milliards seront alloué aux essais cliniques. En ce qui concerne le  Maroc,  plusieurs  études  sur  la  Recherche  Biomédicale identifient un potentiel de développement de près d’un Milliard de Dirhams par an, sur les dix prochaines années.

C’est pourquoi une réflexion en profondeur est aujourd’hui menée  par  les  entreprises  pharmaceutiques  marocaines, filiales de multinationales, afin de faire profiter notre pays de ces investissements internationaux, notamment dans la recherche biomédicale qui sera certainement un des défis majeurs du secteur pour la prochaine décennie.

En fédérant l’ensemble des parties prenantes et des acteurs concernés par le sujet et en s’attelant à développer et à promouvoir les activités de Recherche Biomédicale, le Royaume pourrait se hisser dans le Top-3 des pays africains.

Selon Amine Benabderrazik, Président du LEMM :

« La recherche clinique a une valeur structurante sur le moyen et long terme. Elle est à la fois un mode privilégié d’accès à l’innovation thérapeutique pour le patient, une source de formation continue pour les professionnels de la santé ainsi qu’un accélérateur économique du secteur pharmaceutique ».

A cet effet, et dans le cadre du Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020, le gouvernement marocain a lancé en Mars 2016 un projet de mise en place d’écosystèmes, dont un est dédié spécifiquement a la recherche biomédicale et focalisé sur les essais cliniques. Ce projet prévoit des mesures incitatives législatives, économiques et académiques.

Le Maroc ambitionne donc de développer les activités de R&D pharmaceutiques, tant pour les essais cliniques que pour l’out sourcing des services de R&D pharmaceutiques. Cette aspiration est d’autant plus nécessaire que d’autres écosystèmes identifiés comme porteurs d’opportunités (notamment les bio-similaires et l’export de médicaments) ne pourront se concrétiser qu’avec le développement de la recherche clinique.

Le Royaume doit néanmoins faire face à de multiples défis afin de réaliser son plein potentiel dans ce secteur prometteur. Tout d’abord, la complexité et le manque de prédictibilité du cadre réglementaire handicapent fortement l’attractivité nationale dans ce domaine. Ensuite, il est nécessaire d’activer tous les leviers institutionnels, économiques et financiers afin de multiplier les essais cliniques au Maroc. Enfin, le nombre de CRO opérant au Maroc est trop limité, or ils sont un maillon crucial dans l’intermédiation croissante entre les laboratoires innovants et les investigateurs.

Selon le Dr Moncef Slaoui, Président de Galvani Bioelectronics et chercheur reconnu sur la scène internationale pour ses multiples contributions aux avancées scientifiques dans la Recherche Biomédicale :

« Les facteurs clés de succès pour le développement de la Recherche Biomédicale sont la mise en place de stratégies intégrées, alignées et cohérentes entre les différentes politiques publiques et les départements ministériels concernés et l’existence de lois et réglementations stables à long-terme et donc prédictibles ».

Des mesures volontaristes sur le plan réglementaire et normatif auront un impact positif sur la réalisation du potentiel de cet écosystème. Tout d’abord sur le plan sanitaire, notamment auprès des patients marocains qui auront ainsi un accès précoce aux médicaments issus de la dernière innovation. Ensuite sur le plan économique, grâce aux investissements des industries biopharmaceutiques mais aussi à travers l’export des médicaments fabriqués localement et l’installation de sociétés de prestation de service pour la recherche clinique, notamment les CRO cliniques et précliniques. Puis sur le plan scientifique, à travers un transfert des connaissances, et dans certains cas un transfert technologique, avec une ouverture plus prononcée sur l’innovation. Sur le plan social, à travers la création d’emplois nouveaux et qualifiés, grâce notamment à l’installation de modules de formation à forte employabilité pour les lauréats des universités médicales et scientifiques.

C’est avec cette ambition que LEMM a réuni l’ensemble des parties prenantes, pour une prise de conscience des opportunités qu’offre ce secteur, en vue d’un engagement collectif pour activer les leviers nécessaires a son rayonnement au Maroc. Les membres de LEMM, en partenariat avec l’ensemble des opérateurs du secteur, sont disposés à déployer tous les efforts pour le développement effectif d’une industrie de la Recherche Biomédicale au Maroc.

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